Colloque aviaire 2015

10914867_1591738117729296_3481647444079609126_o

10502499_1591738861062555_182436786091207681_n

10502499_1591738861062555_182436786091207681_n

Posted in À découvrir, Évènements | Commentaires fermés

Colloque aviaire 2014

colloque2014_final

Posted in Évènements | Commentaires fermés

EAM, EPP ou MAN?

C’est bien beau de crier haut et fort que la solution à tous les maux des perroquets consiste à renoncer à nourrir les oisillons à la main, mais encore faut-il être logique. Une chose est sûre : les oiseaux sont mieux placés que nous pour enseigner à leurs bébés. Un vrai perroquet EPP (élevé par ses parents) digne de ce nom est en fait un oiseau sauvage qui devra être apprivoisé. L’éleveur voit alors son travail simplifié : il doit seulement s’assurer que les parents sont en bonne santé et ont tout ce dont ils ont besoin à portée du bec. Il doit aussi vérifier que les parents s’occupent bien de leurs bébés. Si ce n’est pas le cas, il peut recourir à la méthode EAM (élevé à la main) pour aider les parents ou effectuer le sauvetage de l’oisillon.

Idéalement, il faudrait laisser les oisillons avec leurs parents jusqu’à ce qu’ils aient appris tout ce que nous, les humains, ne pouvons leur apprendre…. Pas moins d’un an pour la plupart des grandes espèces! Par la suite, le nouveau maître devra lui-même apprivoiser son perroquet. Après tout, le plaisir d’avoir un perroquet ne réside-t-il pas dans la possibilité de voir l’oiseau évoluer et, peut-être, la relation grandir? Je ne parle pas de perruche ni de callopsitte, mais bien de grandes espèces comme l’amazone, le gris, voire le grand ara. Est-ce vraiment réaliste?

La méthode MAN (manipulé au nid) désigne en fait la reproduction d’oiseaux apprivoisés et souvent imprégnés… Donc, l’oiseau transmet à ses bébés sa confiance en l’humain et aussi son imprégnation. L’éleveur manipule l’oiseau afin de l’apprivoiser. Y a-t-il vraiment une différence entre EAM et MAN? On est en droit de se le demander…

Quelle que soit la méthode de nourrissage, il faut préparer le futur maître à vivre avec un perroquet puisqu’en bout de ligne, c’est lui qui fera la différence. Pour cela, il faut changer les mentalités : avoir un perroquet, c’est accepter de partager sa vie avec un animal sauvage qui a besoin de ses semblables et non des humains. Prendre la décision d’adopter un oiseau, c’est prévoir l’arrivée d’un deuxième, parce qu’il est dans la nature des perroquets de vivre en colonie. C’est aussi respecter les besoins de l’oiseau : dans la nature, les perroquets sont libres de leurs choix et ont de l’espace. Nous choisissons notre compagnon, mais ce sera à lui de décider de la relation.

Il est grand temps d’admettre notre part de responsabilité dans les problèmes de nos perroquets! J’ai vu plusieurs documentaires où l’on voit des humains habiller des singes ou des chiens. Qu’y a-t-il de normal dans ce comportement? D’autres vidéos montrent des gens vivant avec des chimpanzés, des grands félins, des serpents, bref, des prédateurs pour la plupart! Dans tous les cas, on a mis ces personnes en garde contre le risque que cette cohabitation pose, mais elles ont persisté. Il faut également un permis pour posséder ce genre d’animal; qu’à cela ne tienne, le gouvernement en émet sur demande. Dans ces reportages, on ne voit jamais de représentant des autorités venir s’assurer du bien-être des animaux ou vérifier si les règles de sécurité sont respectées. Dans plusieurs cas, des gens ont été attaqués et certains en sont même morts! Malgré tout, plusieurs des personnes interrogées disent qu’elles ne regrettent pas leur choix… et qu’elles recommenceraient! Tous ces reportages ayant été faits aux États-Unis, je constate que les histoires d’horreur se passent souvent chez nos voisins américains. Faut croire qu’au Canada, on n’est pas si arriéré que ça, puisque la détention d’animaux sauvages* est illégale!

J’ai eu l’occasion d’interagir et de vivre avec des perroquets capturés en nature ou EPP qui avaient les mêmes problèmes que nos oiseaux EAM. Ces oiseaux ne peuvent pas éviter le stress au contact des humains, qui oublient souvent qu’ils sont des oiseaux. Les perroquets apprennent par imitation et nous sommes leur modèle… Sommes-nous exemplaire? Qu’avons-nous en commun avec eux? Rien du tout! En tant qu’humains responsables, il est de notre devoir de leur offrir la meilleure des éducations. Et parlant d’éducation, il serait plus que temps de sensibiliser le public à la vie avec un animal sauvage : peu importe la méthode d’élevage, les dégâts seront les mêmes si l’humain transfère son besoin de materner sur son animal de compagnie.

Marie-Josée Ouellet
Refuge sur les ailes de nos perroquets
 
 

 *Au Canada, le perroquet n’est pas considéré comme un animal sauvage en vertu de la loi, mais comme un animal de compagnie.

Revue et corrigé par Myriam Gagnon

Posted in Comportement | Commentaires fermés

Un périple dans l’univers du renforcement positif : Comment et pourquoi cette approche a changé ma vie et celle de mes perroquets

Par Stéphanie Cloutier

Au cours des 14 dernières années, ma passion pour les perroquets m’a conduite à plusieurs endroits, parfois même à des endroits surprenants, moi qui disons-le n’est jamais fermée face à de nouvelles approches ou de nouveaux courants de pensée en matière d’éducation des perroquets.   De ce fait, je dois avoir lu et analysé à peu près tout ce qui se trouve en librairie et sur le net portant sur le comportement des perroquets, autant au niveau anglophone que francophone.   J’ai assisté à bon nombre de conférences, rencontré et discuté avec plusieurs comportementalistes aviaires, participé à différents forums de discussions et joint des groupes et associations de passionnées.   Ma soif d’apprendre à l’égard des perroquets est intarissable.   Malgré tout cela, j’admets avoir commis de nombreuses erreurs avec mes perroquets.  Ces erreurs m’ont hélas parfois fait reculer de plusieurs pas, mais elles m’ont surtout permises de grandir et c’est grâce à elles si j’ai voulu poursuivre ma quête vers LA méthode d’éducation, celle qui révolutionnerait ma vie et surtout celle de mes perroquets.   Ce jour est finalement arrivé alors que j’assistais à un atelier pratique intensif sur les perroquets en collaboration avec Dre Susan Friedman et Steve Martin, d’une durée de 6 jours en Floride, USA.

Alors que je ne l’anticipais pas le moins du monde,  je suis revenue de cet atelier aux USA complètement et à jamais transformée.  De plusieurs manières, mais surtout dans ma façon de percevoir mes perroquets et plus particulièrement ma relation avec eux.    Mais avant de vous en expliquer le pourquoi du comment, laissez-moi vous faire d’abord un rapide portrait de la structure de cet atelier bien unique.

Chacune de nos journées de formation s’amorçait par 2.5 heures de théorie enseignée par le Dre Susan Friedman, suivie par une démonstration pratique réalisée par Steve Martin.  Nous avions ensuite 30 minutes pour entraîner notre perroquet à exécuter l’exercice demandé.   Une fois l’objectif atteint, nous disposions de 2 heures supplémentaires pour entrainer notre perroquet personnel et pour observer et assister les autres participants dans leur entrainement avec leur perroquet respectif. Puis, il y avait un diner d’une durée de 30 minutes et la séquence se répétait en après-midi.  Les journées consistaient donc à plus ou moins 10 heures de formation intensive en tout et pour tout.  Parfois même, la journée s’étirait jusque tard en soirée autour d’une pizza pour une séance de questions, des démos ou simplement pour échanger sur nos expériences personnelles de la journée.     Ce type de formation m’apparait de loin le modèle idéal, compte tenu que la partie théorique enseignée par Dre Friedman nous permettait d’abord d’acquérir les fondements, concepts et principes nécessaires.  Tandis que la pratique auprès des perroquets du ranch, dirigée par Steve Martin et son équipe,  nous permettait de mettre réellement en application tout ce qui avait été appris, et d’être corrigé au besoin, tout en nous exposant à un large éventail de situations.

Au début de notre séjour, nous nous sommes chacun vu assigner un perroquet avec lequel nous aurions le privilège de travailler durant toute la semaine.  Étant donné que je n’ai jamais été des plus à l’aise avec les grands aras, je me suis dit, pourquoi ne pas faire une pierre deux coups de cette formation en entrainant un perroquet que je n’ai pas l’habitude de côtoyer.   Je dois dire que nous avions l’embarras du choix, parmi les quelques 80 perroquets du ranch et que le choix fut difficile.  Mais finalement, je fus la chanceuse à qui l’on a confié l’entrainement de Veda, un majestueux ara Hyacinthe.   Des groupes de 4 participants ont été formés avec à sa tête un entraineur professionnel ayant la charge de nous diriger, de nous conseiller et surtout de nous épauler dans notre entrainement quotidien avec notre perroquet.   Chaque groupe se voyait également assigner un perroquet supplémentaire pour réaliser les démos du jour, de même qu’un corbeau.  Ainsi s’ajoutait donc à notre groupe : Earth, le ara macao et Boba Fett, le corbeau à cou blanc.     Il nous fallait ensuite déterminer un objectif d’entrainement personnel pour la semaine.  Dans mon cas, j’ai choisi de parfaire mes connaissances sur la méthode de « targetting » et d’y entrainer Veda.

Une des facettes rendant cette formation des plus enrichissantes pour les participants était que nous avions à travailler avec une multitude d’espèces de perroquets allant du petit ara de coulon, au cacatoès, en passant par l’amazone et le ara macao, chacun ayant des tempéraments plus différents les uns que les autres.  Certains étant totalement effrayés de l’homme et ne tolérant pas les contacts, d’autres au contraire très entreprenants et finalement d’autres un peu plus agressifs. Mais comme point commun pour la majorité : Tous des perroquets n’ayant jamais reçu réellement d’entrainement auparavant, la plupart étant âgés d’environ 1 an et venant tout juste d’arriver au ranch.

C’était le cas de Veda, mon ara Hyacinthe qui bien qu’étant douce et facile d’approche, ne connaissait pas les commandes de base. Or, je suis bien fière de vous dire qu’à la fin de la semaine,  Veda maitrisait parfaitement le rappel, de même que la méthode du targetting, volant sur de grandes distances pour aller rejoindre le bâton cible.   J’ai également utilisé le targetting pour lui apprendre à entrer et sortir sur commande d’une cage de transport.  Puis finalement, elle assimilait si rapidement les enseignements, que j’ai eu le temps de lui enseigner à récupérer des petits anneaux et à les rapporter jusqu’au bâton cible.   En complément, j’ai participé chaque jour à l’entrainement de Boba Fett le corbeau, à qui nous avons appris à faire une roulade sur le sol.  Puis, à Earth le ara macao qui a quant à lui appris à faire un salut de la patte et à faire la révérence avec la tête.    Mais au-delà de tous ces trucs/tours que j’ai enseignés aux perroquets du ranch,  j’ai surtout acquis une expérience inestimable pour bien reconnaitre le langage corporel des perroquets et pour savoir par exemple quoi faire lorsque l’un d’eux mord ou ne réagit pas de la manière anticipée.

La semaine s’est conclue par une évaluation écrite, puis par une présentation devant le groupe des acquis de notre perroquet.    Cérémonie de remise de diplômes et luxueux banquet sont venus couronner et conclure ce périple inoubliable à tout point de vue.

Si je devais nommer une seule chose que j’ai appris, celle qui m’a le plus marquée, c’est qu’une méthode d’éducation appropriée n’est pas nécessairement celle qui est EFFICACE.  Arroser son perroquet, couvrir sa cage, l’isoler, le gronder, lui faire peur avec un objet sont certainement toutes des méthodes qui peuvent (ou non) être efficaces chez certains sujets, permettant l’extinction ou la diminution d’un comportement indésirable. Mais à quel prix?  Le renforcement positif comme approche en matière d’éducation de nos perroquets permet non seulement d’arriver au même résultat, souvent plus rapidement, mais surtout n’engendrera pas les effets pervers que provoquent l’utilisation de la punition:   augmentation de l’agressivité, crainte démesurée et généralisée, fuite constante ou apathie.

Parfois certes, la punition légère ou le renforcement négatif peuvent être utilisés par un propriétaire averti, mais ils ne devraient l’être qu’à titre de solution de dernier recours et son usage doit être JUDICIEUX.  Avant d’y avoir recours, il convient toujours de se demander au préalable deux choses : 1. Est-ce qu’une autre approche plus positive ne pourrait pas donner le même résultat?   2. Ai-je bâti avec mon perroquet une relation de confiance suffisamment forte qui pourra subsister malgré l’usage de cette punition?

Gardez toujours à l’esprit que « Dominance » et « Supériorité » sont des concepts totalement étrangers pour nos perroquets.  Pourtant l’humain croit souvent à tort qu’il s’agit d’un mal nécessaire à l’obtention d’une relation harmonieuse avec un animal de compagnie.  Combien de fois ai-je entendu qu’il fallait montrer à son animal QUI commande pour éviter qu’il ne devienne le roi de la maison.  Je ne crois pas que l’utilisation du renforcement positif comme méthode d’éducation mène inévitablement vers le piège de l’oiseau « maître chez soi », à qui tout est permis. Bien au contraire. Un cadre très rigide peut être établit, et ce simplement avec le renforcement positif comme méthode d’éducation pour faire comprendre les limites et règles de savoir-vivre à notre perroquet.  J’oserais même dire que ce cadre n’en sera que plus solide, car à mesure que cette éducation se fera, une relation de confiance et de respect avec notre perroquet se bâtira en parallèle.

Alors laissez de côté cette tendance innée que nous avons tous, nous les pauvres humains, de vouloir dominer nos animaux de compagnie.  Et je dis cela totalement sans jugement.  Moi la première,  j’admets être tombée dans le piège de cette méthode d’éducation.  On a recours à une punition … 1 fois, 2 fois, 3 fois, et puisque cela montre des résultats ou parce qu’on nous a dit que c’était la méthode appropriée, on est encouragé et on poursuit dans cette voie.  Or, un beau jour, trop tard hélas, on réalise que la balance des négatifs pèse dorénavant plus lourd que la balance des positifs dans l’esprit de notre perroquet.  La relation de confiance qui existait jadis n’est plus et votre perroquet n’a plus aucun respect pour vous.   Les cris, comme ce fut mon cas, auront bel et bien cessés, mais tout un tas de nouveaux comportements surgiront,  telles de l’agressivité ou une crainte excessive envers vous.

Je ne reprendrai pas ici les bases de la méthode de renforcement positif enseignée par le Dre Susan Friedman puisqu’elle les explique bien mieux que moi dans ses nombreux écrits.  Je vous invite plutôt à faire la lecture de ces quelques textes en français pour en apprendre davantage sur ce qui m’a été enseigné lors de cet atelier en Floride :

L’ABC du comportement

http://www.behaviorworks.org/files/translations/ABCs%20of%20Behavior%20-%20French-Canadian%20Translation.pdf

Renflouer son compte

http://magazineforumperroquet.com/wp/?p=398

Le point sur les punitions

http://www.behaviorworks.org/files/translations/The%20Facts%20About%20Punishment%20-%20French%20Translation.pdf

La lutte pour la dominance : fiction ou réalité?

http://www.behaviorworks.org/files/translations/The%20Struggle%20for%20Dominance%20-%20French%20Translation.pdf

Je vous encourage également fortement à venir rencontrer en personne Dre Friedman lors de la conférence qu’elle donnera à Montréal les 15-16 juin 2013.   Ses apparitions au Canada sont rares, encore plus au Québec.  Les billets sont en vente ici : http://www.colloque-aviaire.org/

Au final, comme je le mentionnais au début de ce texte, je suis ressortie de cette expérience grandie.  Avec une confiance en moi et en mes capacités plus grande que jamais, mais surtout avec des outils d’une valeur inestimable pour améliorer ma relation avec mes perroquets.    Et pour conclure, je m’en voudrais de ne pas souligner l’extraordinaire simplicité de Susan Friedman et de Steve Martin, deux personnes dont la liste des qualifications prestigieuses est infinie et qui pourtant, sont tous deux restés des êtres généreux et très humbles, à l’écoute des opinions de chacun et toujours ouverts à de nouvelles idées.

Merci Steve, Merci Susan….. Je ne vous dis pas au revoir, mais à bientôt dans un avenir très rapproché!

 

Steve Martin

Steve Martin

 

Dre Susan Friedman

Dre Susan Friedman

 

Veda, le ara hyacinthe

Veda, le ara hyacinthe

 

Moi-même en entraînement avec Earth, le ara maco

Moi-même en entraînement avec Earth, le ara macao

 

 

Posted in À découvrir | Commentaires fermés

Renflouer son compte

Rétablir une relation en faillite.

Par Susan G. Friedman, Ph. D.
Article original publié dans BIRDTALK®, septembre 2012, vol. 30, n° 9, et mis en ligne sur le site behaviorworks.org (http://www.behaviorworks.org/files/articles/Back%20in%20the%20Black%20BT.pdf)

Traduction de Myriam Gagnon©, M.A. tra., trad.a., octobre 2012

« La confiance est la clé d’une bonne relation avec un animal de compagnie. » Qui n’a jamais entendu cette perle de sagesse? C’est une maxime apparemment sensée, voire utile. Mais qu’en est-il vraiment? Que signifie avoir une relation basée sur la confiance avec un perroquet?

Que faut-il faire pour établir une relation basée sur la confiance? Est-il jamais trop tard pour rétablir la confiance perdue? Est-il même possible de rétablir un climat de confiance? La réponse à ces questions transforme une maxime inspirante en outil pratique.

Je pensais que le mot confiance serait un de ces termes vagues, difficiles à cerner. Vous savez, difficiles à définir, mais que tout un chacun comprend rien qu’en le voyant. Quand j’ai vérifié dans le dictionnaire, j’ai été étonnée de trouver deux notions simples qui visent droit dans le mille. À l’entrée confiance, on peut lire : « espérance ferme, assurance de celui, celle qui se fie à quelqu’un ou à quelque chose » et « sentiment de sécurité ».

Si on réunit ces deux définitions, du point de vue du perroquet de compagnie, la confiance correspond à la certitude qu’interagir avec des humains ne pose pas de danger. Le perroquet confiant choisit donc d’interagir davantage avec les humains. Qui ne souhaite pas exactement ce genre de relation avec son perroquet?

Par son comportement, le perroquet confiant accueille avec assurance les occasions d’interagir avec des humains, au lieu de les fuir. Non content d’accepter les invitations à interagir avec ses gardiens, le perroquet confiant multiplie les occasions d’interagir eux.

Voici une image facile à comprendre : Gagner la confiance d’un animal, c’est comme garnir un compte de banque. Chaque interaction positive est un dépôt dans ce compte « fiduciaire » (fondé sur la confiance). Pour l’animal, l’interaction positive ne se limite pas seulement à une récompense appréciée, c’est aussi avoir la possibilité de choisir. Par ailleurs, les interactions négatives comme l’usage de la force, les menaces et les punitions, sont autant de retraits du compte. Même les retraits minimes ou involontaires finissent par faire un gros trou dans le compte et mettent la relation dans le rouge. Si le retrait dépasse le solde au compte, la relation risque de tomber en « faillite ».

On perçoit souvent la confiance comme un sentiment, mais bâtir — et détruire — une relation harmonieuse avec un oiseau repose d’abord et avant tout sur des gestes. Pour vérifier le solde actuel de votre compte, faites le test suivant : présentez votre main à au moins 30 cm de votre perroquet. Si votre oiseau vous fait confiance, il devrait lever la patte, se pencher vers vous ou vous inviter par un autre signe à rapprocher votre main pour y monter. Si votre oiseau se raidit en resserrant ses plumes, se ramasse sur lui-même, fait mine de vous attaquer ou se sauve de vous, c’est qu’il est grand temps de trouver des manières de faire plus de dépôts dans votre compte.

NE CASSEZ PAS VOTRE TIRELIRE

Voici des gestes à éviter pour ne pas ruiner la confiance de votre perroquet :

  1. SOUFFLER dans la face du perroquet
  2. EFFRAYER le perroquet en faisant des bruits forts
  3. DÉSTABILISER l’oiseau perché sur votre main en secouant celle-ci
  4. FORCER le perroquet à sortir de sa cage avec une serviette ou une baguette
  5. RETENIR le perroquet sur votre main en pinçant ses orteils avec votre pouce
  6. VAPORISER un jet d’eau puissant dans la face du perroquet
  7. JETER le perroquet par terre
  8. SECOUER la cage du perroquet
  9. FRAPPER un perroquet
  10. COUVRIR la cage du perroquet pendant de longues périodes
  11. ATTRAPER le perroquet au filet
  12. DONNER UNE CHIQUENAUDE sur le bec du perroquet
  13. FORCER le perroquet à passer d’une main à l’autre répétitivement (monter l’échelle)
  14. IGNORER les signaux corporels du perroquet qui expriment son malaise à votre approche ou son refus d’une demande
  15. ISOLER le perroquet de son groupe et de la famille
GAGNER LA CONFIANCE, PEU À PEU…

Nous sommes issus d’une culture très prompte à punir les comportements; cette attitude illustre ce que j’appelle brouillard culturel. Or, il est évident qu’avoir accès à des agents de renforcement positif est nettement plus motivant que fuir une punition. Nos propres expériences le confirment, tout comme la recherche sur le comportement. La tradition de la punition entraîne tout un dilemme pour celui qui cherche à gagner la confiance d’un perroquet.

Heureusement, le renforcement positif, qui vient d’un champ d’étude de la psychologie appelé analyse comportementale appliquée (ACA), est une solution nettement meilleure que la punition. Grâce à cette démarche, des enfants autistes ont réalisé tout leur potentiel, des personnes âgées ont vu leur qualité de vie s’améliorer et le travail en usine est maintenant plus sécuritaire. Les meilleurs entraîneurs de chiens appliquent cette démarche, tout comme les entraîneurs d’animaux exotiques. Avec le renforcement positif, nous avons accès une nouvelle démarche d’enseignement sans cruauté et efficace.

L’ACA repose sur une approche propre aux sciences naturelles, axée sur la compréhension de l’apprentissage et du comportement. Les principes et les techniques appliqués dans le cadre de l’ACA découlent de plus de 60 ans d’étude scientifique en laboratoire, en classe et dans des contextes réels allant des entreprises aux jardins zoologiques. On peut être sûr que ces techniques sont efficaces si on les applique correctement, et renoncer aux trucs personnels et à la pensée magique à propos du comportement.

Le renforcement positif est une notion vraiment facile à résumer et un moyen infaillible de nouer de solides liens de confiance. En un mot, il s’agit de rendre le comportement souhaité plus facile et plus gratifiant que le comportement indésirable. Si vous y arrivez, votre oiseau optera plus souvent pour les comportements souhaités.

Avec le renforcement positif, on passe très peu de temps à essayer de supprimer les comportements indésirables – ce que le perroquet ne devrait pas faire – pour se concentrer plutôt sur ce que l’on veut qu’il fasse. Quand votre oiseau se conduit mal, ne vous fatiguez pas à essayer de le prendre sur le fait — montrez-lui plutôt comment bien se conduire.

FACILITER LE BON COMPORTEMENT

Pour rendre le bon comportement plus probable, il faut d’abord considérer tout ce qui encourage ou décourage ce comportement avant qu’il ne se produise (les antécédents). Par exemple, si la porte de sa cage est trop petite, un grand perroquet peut hésiter à sortir en montant sur votre main et avoir plus tendance à vous mordre. Pour faciliter le bon comportement, il faudrait lui offrir une cage avec une plus grande porte.

Un perchoir placé près d’une fenêtre peut encourager le perroquet à gruger l’appui de la fenêtre et le détourner de ses jouets. Pour rendre le comportement souhaitable plus probable, il faut éloigner le perchoir de la fenêtre et fournir des jouets en bois plus tendre. Quand vous réorganisez les antécédents, jetez un regard neuf sur l’espace que vous partagez avec votre oiseau. Chaque fois que vous supprimez un obstacle, vous augmentez les chances que le comportement souhaité se manifeste et vous réduisez simultanément les retraits quotidiens du compte basé sur la confiance.

RENDRE LE COMPORTEMENT PLUS GRATIFIANT

Le comportement est un outil qui sert un but. Personne n’agit sans raison. Dans toute situation, les animaux comme les humains optent pour certains comportements afin de maximiser leurs avantages et de réduire leurs pertes au minimum. Sachant ce qui précède, celui qui recourt au renforcement positif adhère à une valeur plus qu’à toute autre : l’apprenant devrait répondre à une demande parce qu’il est apte et motivé à le faire, et non parce qu’il est forcé de bien se conduire pour éviter une punition. L’enseignant doit pour sa part s’assurer que le perroquet apprend les comportements nécessaires et qu’il est motivé à les appliquer de manière appropriée.

C’est le renforcement positif qui motive l’oiseau à apprendre de nouveaux comportements et à les appliquer au bon moment. Un agent de renforcement positif est une conséquence immédiate qui renforce un comportement. On peut penser que les agents de renforcement positif sont des récompenses, mais il s’agit en réalité de quelque chose de plus essentiel que la proverbiale carotte au bout du bâton, que je considère comme une autre manifestation du brouillard culturel. N’oubliez pas, les conséquences (résultats) sont la raison du comportement; nos actions visent un résultat significatif. Si nous n’agissons pas dans un but, pourquoi agissons-nous?

L’agent de renforcement positif est la devise internationale que l’on dépose dans le compte basée sur la confiance. Pour faire bon usage de cette devise, il faut que son dépôt soit certain (systématique), rapide (immédiat) et puissant (désiré).

Le modelage par le renforcement positif est une technique par laquelle on apprend un comportement particulier au perroquet. Pour enseigner un nouveau comportement, il faut le décomposer en petites étapes, appelées approximations. On récompense chaque approximation jusqu’à ce que le perroquet l’exécute sans hésitation, puis on passe à l’étape suivante. On renforce ainsi chaque étape l’une après l’autre jusqu’à l’exécution complète du comportement visé. Il faut modeler de petites approximations, renforcer beaucoup, et répéter, répéter, répéter, pour remplir le compte de la relation rapidement.

PEUT-ON RÉPARER LES POTS CASSÉS?

La réponse courte est oui! Mais le moment de vérité survient quand un comportement indésirable apparaît. En effet, un mauvais conseil (et malheureusement, ils sont légion!) peut donner le coup de grâce à une relation déjà mal en point. Tous les jours, des humains mettent en péril leur relation avec leur oiseau quand ils écoutent ceux qui leur conseillent – à tort – d’employer la force, la contrainte et la punition.

Pour éviter le mot punition, certains emploient parfois d’autres termes comme correction ou discipline, mais il faut appeler un chat un chat. Tout conseil qui incite à la punition se traduit par des gros retraits inutiles du compte.

Pour renflouer votre compte et remettre votre relation sur les rails, vous devez revoir votre conception des comportements indésirables. Ces comportements ne sont pas causés par la dominance, l’entêtement ou un autre concept abstrait. Les comportements indésirables surviennent quand le perroquet n’a pas les connaissances, la motivation ou l’expérience positive nécessaires pour avoir le bon comportement.

Pour reconstruire une relation en faillite, vous avez besoin d’un plan de renforcement positif. Vous devez d’abord définir le comportement que vous voulez faire adopter à votre oiseau et qui doit remplacer le comportement indésirable. Puis vous devez montrer ce nouveau comportement en appliquant la technique du modelage. Chaque agent de renforcement positif offert tout au long du plan est un dépôt dans le compte de votre perroquet.

Par exemple, au lieu de souffler dans la face de votre oiseau ou de le déstabiliser en secouant la main pour l’empêcher de vous mordre, enseignez-lui à se tenir bien droit quand il se perche sur votre main. Au début, vous devrez peut-être inciter votre oiseau à se redresser en lui offrant une petite friandise à manger. Offrez-lui un flux régulier de petites friandises quand il se tient bien droit, dans le cadre de courtes séances d’entraînement.

En multipliant les expériences positives, vous parviendrez à remplacer peu à peu les friandises comestibles par des gestes de renforcement positif plus naturels (féliciter, sourire, gratter la tête) et à allonger les séances.

Voici un autre exemple : au lieu de surprendre votre perroquet en faisant du bruit ou de couvrir sa cage pour qu’il crie moins (deux gros retraits), enseignez-lui à émettre des sons plaisants pour vous appeler, en renforçant toutes les vocalises tolérables. Dans ce cas-ci, l’attention que vous lui accorderez pourrait être le plus puissant agent de renforcement. Encouragez également votre oiseau à jouer seul avec ses jouets, pour qu’il choisisse de vous appeler moins souvent. La capacité de jouer seul est indéniablement un comportement que l’on souhaite renforcer.

DONNER AU PERROQUET LA LIBERTÉ DE CHOISIR

Si je devais ne retenir qu’une leçon de mes 40 ans d’étude de l’apprentissage et du comportement, c’est qu’il est avantageux de laisser l’animal contrôler les événements marquants de sa vie. Étant donné le brouillard cultural dans lequel nous baignons, cela peut sembler contraire au bon sens, mais les travaux de recherche indiquent que le fait d’avoir son mot à dire sur les conséquences est un agent de renforcement primaire, autrement dit, tout aussi essentiel à la survie que la nourriture, l’eau et le gîte.

Quand l’absence de contrôle devient un mode de vie, on voit apparaître des comportements malsains et extrêmes comme l’agressivité ou la résignation (apathie et dépression), qui sont deux résultats désastreux trop souvent observés chez les perroquets de compagnie.

Évidemment, tout animal doit se résigner à subir certaines indignités dans certaines circonstances, comme être mis en contention en cas d’intervention vétérinaire d’urgence. Mais si la relation est solidement ancrée dans un climat de confiance, elle peut la plupart du temps résister à une trahison occasionnelle.

Par ailleurs, le point suivant est très important : il existe une forte corrélation entre le lien de confiance avec l’animal et sa capacité de se remettre d’une expérience désagréable. Cette capacité est appelée résilience par les psychologues comportementalistes. Plus le compte basé sur la confiance est garni, plus l’apprenant sera résilient.

Entraîner un oiseau à entrer dans un transporteur sur demande illustre bien comment tirer parti du renforcement positif pour lui donner la liberté de choisir. Là encore, le modelage est le bon moyen d’enseigner ce comportement. Suivant la réaction de votre perroquet, le simple fait de regarder le transporteur peut être la première approximation à renforcer, les étapes suivantes étant de s’étirer vers le transporteur, de faire un pas en direction du transporteur, de s’en approcher, de mettre un pied sur le seuil de la porte, de se tenir sur le seuil (deux pieds), de mettre un pied dans le transporteur, de se rendre au fond du transporteur, et enfin, de rester calme dans le transporteur de plus en plus longtemps. Par la suite, vous pourrez entreprendre de fermer la porte, puis de déplacer le transporteur. Cet apprentissage offre des centaines d’occasions de faire des dépôts dans le compte pour renforcer la confiance de votre oiseau.

En laissant votre oiseau progresser à son rythme au fil des approximations, vous lui donnez du pouvoir. Vous pouvez également donner à votre oiseau la liberté de sortir du transporteur quand ça lui plait. Si votre perroquet semble le moindrement mal à l’aise, ouvrez immédiatement la porte du transporteur. Si ce qui l’encourage à rester dans le transporteur l’emporte sur ce qui l’incite à en sortir, votre oiseau décidera lui-même de rester dans le transporteur.

Après de nombreuses expériences positives, votre oiseau choisira de rester calme dans le transporteur, porte fermée, parce qu’il aura acquis l’assurance qu’une récompense (renforcement) suivra. Cet apprentissage peut entraîner un autre type de « problème » — si votre oiseau aime tellement son transporteur qu’il refuse d’en sortir, pouvez-vous concevoir un autre plan de renforcement positif pour lui apprendre à sortir sur demande? C’est le genre de problème qu’on se souhaite…

On peut aisément se laisser emporter par le contenu émotionnel d’un dicton inspirant. Mais le dicton reste vide de sens tant qu’on ne le convertit pas en outil pratique. En considérant chaque interaction avec le perroquet comme un dépôt ou un retrait dans un compte conjoint, nous risquons moins d’oublier comment nos actions contribuent à construire ou à ruiner notre relation avec lui.

Pour que le compte soit bien rempli, les interactions positives doivent être de loin plus nombreuses que les interactions négatives. L’animal résilient se remet vite d’une expérience malheureuse occasionnelle, mais vous devez vous assurer que les interactions positives l’emportent très largement sur les interactions négatives. C’est seulement ainsi que vous pourrez renflouer votre relation. Laissez votre perroquet prendre ses propres décisions le plus souvent possible. En bref, si vous organisez son environnement pour rendre les bons comportements plus probables et plus gratifiants, votre perroquet fera les bons choix.

*Note de l’auteure : L’auteure tient à remercier les enseignants de la liste Yahoo Parrot Behavior Analysis Solutions (PBAS) pour leur soutien continu et la révision des versions précédentes de cet article.
Susan G. Friedman, Ph.D., fait partie du corps professoral du département de psychologie de l’université de l’État de l’Utah. Elle a été l’une des premières à appliquer l’analyse comportementale aux animaux, en mettant en pratique la même philosophie sans cruauté et en recourant aux techniques d’enseignement fondées sur des assises scientifiques qui ont fait leurs preuves chez l’humain. Pour lire d’autres articles de Susan G. Friedman, rendez-vous sur le site Web www.behaviorworks.org et sur sa page Facebook.
Posted in Comportement | Commentaires fermés